Aujourd’hui je dois vous parler avec mes tripes

Aujourd’hui est un jour important, un jour où je dois « mettre mes tripes sur la table » et défendre, qui je suis, mon entreprise, comment j’en suis arrivée là, quels sont mes projets…

Comment j’en uis arrivée là ? Une belle question… Pourquoi la photographie de grossesse, de nouveau-nés, de bébés ? Enfin surtout la photographie de grossesse, je pense que vous l’avez remarqué. Comment une photographe de street photographie qui se plait à ne photographier qu’en noir et blanc, qui passe des heures à se balader dans les villes pour chercher LA photo qu’elle attend devient une photographe spécialisée dans les photographies de femmes enceintes ?

C’est là que je dois sortir mes tripes sur la table. Là où je dois vous raconter comment je suis devenue Maman, comment j’ai vécu mes grossesses et comment celle de mon fils a changé ma vie.

Enceinte de ma fille, je n’avais pas encore repris la photo. Je l’avais délaissée, plusieurs années, au profit du concours de professeur des écoles. J’avais donc la tête dans mes classes, dans mes élèves et l’art n’y était plus présent que de façon ponctuelle, par petites tâches, par petites touches de couleurs, par des images restées gravées dans ma mémoire. Et pourtant cela a commencé aussi ici. Le jour où tout a basculé. Ce jour où tu vas voir ton gynécologue car tu es à 3 mois de grossesse mais que tu ne te sens pas bien. Ce jour où tu ne comprends pas pourquoi tu as perpétuellement mal au ventre. « Vous êtes en menace d’accouchement prématuré ». Quoi ? 3 mois de grossesse ? C’est un haricot mon bébé ! Accouchement prématuré ?? Vous êtes sérieux. Oh oui. Alitée, 6 mois. Sans pouvoir se lever de son canapé, sans pouvoir marcher 10 minutes sans avoir des contractions. Ce ne fut pas une grossesse facile. Je devais me marier, je l’ai fait allongée sur une chaise longue toute la soirée. Qui peut prévoir que, lorsqu’on tombe enceinte, cela peut mal se passer ? Personne. On se fait une image de la grossesse comme quelque chose de merveilleux, de formidable, entre les « je ne me suis jamais sentie aussi bien » et les « tu peux montrer ton gros bidon à tout le monde ». Eh bien non. Mon gros bidon, seuls les gens qui sont venus me rendre visite l’ont vu. Une frustration. Un manque. Quand on est enceinte, on aime le montrer, même si on n’est pas bien dans sa peau. C’est une fierté, le début de la fierté de devenir maman. Et puis j’ai connu l’hospitalisation à 6 mois de grossesse, les piqûres de cortisone pour favoriser la maturation des poumons d’Emma. Et l’accouchement, 2 semaines avant la date prévue. Tant mieux, il n’y a pas trop de mal. Elle est là. Et maintenant je revis, je marche, je sors, je me balade et je retrouve un vieil ami : mon appareil photo.

Et puis il y a eu la deuxième grossesse. 2 ans plus tard. Je sortais souvent en sortie photo. Je m’y étais remise, plus sérieusement. Et elle se passait bien cette grossesse. 3 mois passés, toujours debout. Tout va bien. Jusqu’au jour où. 3 mois et 1/2 presque 4 mois. On y croyait pourtant. Mais non, cri d’alarme fait. Menace d’accouchement prématuré : « MAIS JE ME SENS BIEN !!!!!!!!!! ». La frustration est encore plus grande. Plus de possibilité de me balader, plus de sorties photos. Bonjour le programme TV, Motus et compagnie sont devenus mes amis, je compte les passages de voiture devant la maison, j’ai dévoré des séries télévisées. L’attente. Longue. Et cette folie furieuse de vouloir faire des photos. Il y avait cette photo de femme enceinte dans le cabinet de ma sage femme. Je commençais à éprouver des regrets. Encore une grossesse que je ne pourrais pas montrer. Encore des choses que font les femmes enceintes que je ne pourrais faire : des photos par exemple ! Cette photo ne me plaisait même pas en plus, elle était belle certes, mais elle faisait « vieille ». Qu’est devenue la photographie de grossesse ? Que fait-on maintenant ? Et là j’ai découvert le sublime travail de toutes ces photographes françaises… Aline Deguy, Jennifer Photographe, Hélène Douchet… Ces grands noms pour moi de la photo que personne ne pourra égaler. Je ne connaissais pas encore Fany Hennart, ni Ana Maria Brandt, ni Meg Bitton… Ces photographes étrangères…

Maintenant j’ai cette folie furieuse, de donner à ces femmes les souvenirs qu’elles méritent. Ceux dont on rêve toutes. Et si vous avez une grossesse compliquée, alors n’hésitez plus. Qui d’autre que moi peut vous comprendre, peut savoir ce que vous ressentez, les douleurs engendrées ? Je peux venir en urgence, je peux venir chez vous, je m’en fiche que la vaisselle soit encore sale dans l’évier, je sais ce que c’est. J’ai vécu cela. Ecrivez-moi, parlez-moi de vous, de votre grossesse. Je serai là et je vous donnerai vos souvenirs, même si vous devez rester allongée.

Cet article est brut, sorti du fond de mes tripes. Ce soir je le relirai, changerai des passages, ajouterai des photos. Merci à vous pour votre compréhension. 

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Anonyme

Merci pour ce témoignage, ça fait chaud au cœur de constater que des personnes ont ressenti la même chose que nous dans les mêmes circonstances. J’ai connu le même type de grossesse il y a peu, l’isolement, l’hospitalisation…. on a profité de ma vulnérabilité pour me faire la pire des trahisons, l’abandon du papa pour une autre femme, l’annonce pendant une hospitalisation puis le départ du papa du domicile conjugale avant les 1 mois du bébé. Je culpabilisais presque d’avoir été dans cet état psychologique et d’avoir involontairement provoqué tout ça donc vraiment merci.

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